Les troubles du comportement sont toujours difficiles à évaluer, particulièrement quand il faut prendre une décision de justice.
Où1 commence la maladie mentale? Où se situe la déviance sociale? Pourquoi punir un individu privé de la faculté de discernement? Dans le doute, on recourt à l'avis d'un psychiatre. De sa réponse découle ou bien une poursuite en justice, ou bien un soutien en
hôpital2 psychiatrique. Pour avoir un aperçu de la trajectoire qui aboutit à l'acte criminel les experts font des constructions psychologiques venues de leurs intuitions personnelles et l'on constate surtout une cacophonie devant la cour d'assises. Bien sûr il y a des évidences et certains facteurs environnementaux poussent au crime. Toutefois, la psychiatrie prête de plus en plus son concours à l'autorité judiciaire et cela joue dans l'augmentation du nombre de malades mentaux déclarés coupables, sous prétexte que des soins sont possibles dans le cadre de la prison. Doit-on supposer que les fous sont mieux soignés en prison qu'à l'hôpital? Pas du tout. Les structures hospitalières ayant pour but de soulager les souffrances dues à des pathologies reconnues luttent de nos jours pour récupérer des patients et résoudre le douloureux problème de l'afflux de malades criminels dans les prisons où ils échouent.