Dedans, il y a tout un passé

Reportage: Florence Maître

Sur le mur des traits gris, blancs et noirs incompréhensibles. Bombe de peinture en main, Méac, Pierre de son vrai nom, trace les contours d'une grande fresque. Au centre il a placé le numéro 93, référence au département de la Seine-Saint-Denis, au nord-est de Paris.

- Au départ on a une esquisse. C'est comme des personnes là qui sont là sur un chantier en train de construire une route. On comprend rien. Ils tracent des lignes et tout. Ben, là c'est exactement pareil. Donc c'est beaucoup de tracé et puis au fur et à mesure, ben, on aura beaucoup plus de formes, on verra beaucoup plus le dessin au fur et à mesure.

- Là, c'est plus le côté obscur en fait. Je suis en train de représenter Dark Vador1. En fait, si vous voulez, il y en a qui ont fait des écoles d'art et puis qui font du graffiti aujourd'hui, il y en a d'autres qui n'ont pas fait d'école d'art et puis j'essaie d'exprimer la différence en fait à travers cette fresque.

Pour Méac, le côté obscur ce sont les gens qui viennent des écoles d'art. Méac et ses amis ont commencé à faire des graffs dans la rue.

- J'ai commencé en 88, mais sinon le dessin, depuis tout petit j'avais déjà un don pour dessiner et puis je me suis perfectionné avec les bases et puis avec le temps...

- Pour la passion, le plaisir, tout ça le graff, sinon dans la vie professionnelle, la communication sur tous les supports, que ce soit la carte de visite jusqu'à la campagne de pub.

Et qu'est-ce que le graff a de différent des autres pratiques artistiques?

- A la base c'est un style de rue, un mode de rue et pas quelque chose où on a appliqué des règles en disant il faut que ce soit comme ça, fais comme ça avec telles couleurs. C'est un mode d'expression où n'importe quelle personne pourrait venir et puis prendre une bombe et puis faire ce qui lui passe par la tête.

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