Des lois générales sur la transmission des biens sont difficiles à établir
Première lecture :
La transmission du patrimoine des parents représente toujours une épreuve familiale. L’élaboration des nouvelles lois ne résout pas les litiges, car, derrière les combats fratricides, derrière les partages interminables, il s’agit surtout de la reconnaissance personnelle que chacun souhaite recevoir de ses parents. C’est un désir souvent imprégné d’angoisse, ancré en soi1 dès la toute petite enfance et qui est réactivé par la mort des parents. Les problèmes qui surgissent entre frères et sœurs à l’occasion d’un héritage se retrouvent dans tous les milieux sociaux, que l’on soit dans une famille d’ouvriers ou de grands bourgeois. De même, le montant des biens à partager ne change rien à l’intensité des conflits entre frères et sœurs. On peut se battre avec le même acharnement pour quelques potiches sans valeur que pour des hectares de terrain. S’il est relativement facile de comparer la valeur marchande de deux biens, les objets ont une âme et leur partage est toujours délicat. Ainsi, à propos d’un même tableau, l’un souhaitera le recevoir car il l’a toujours vu dans la maison de famille tandis que l’autre, qui ne l’aime pas mais connaît la cote2 de son auteur, demandera à ce qu’il soit vendu !
1en soi – "Soi" est un pronom complément de la troisième personne du singulier ( c’est moi, je pars avec toi, chacun travaille pour soi). Ne pas confondre avec le subjonctif du verbe être (quoi qu’il en soit).
2la cote – La cote est le cours d’une valeur marchande. Ne pas confondre avec "la côte" qui désigne le littoral (la côte méditerranéenne, la côte ouest). "La côte" se prononce o fermé et "la cote", o ouvert.

