Les salariés font de moins en moins confiance à ceux qui les emploient
Première lecture :
Le marché de l’emploi reste dur pour les salariés mais ces derniers ouvrent maintenant les yeux avec lucidité1. Les exigences toujours renouvelées des technologies de pointe2, les délocalisations, les rachats d’entreprises et les mouvements d’actionnaires accentuent la pression dans les entreprises. Il faut, à chaque changement, tout recommencer, tout prouver à nouveau si bien que l’employé motivé, autonome, responsable, dynamique, dont rêve l’employeur, se rebiffe3. S’il ne craint pas d’affronter la responsabilité de son poste grâce à ses compétences, il réclame aujourd’hui plus de garanties tactiques. Il comprend que personne ne se sent responsable à sa place, au fur et à mesure que la figure du patron stratège se ternit par des erreurs de gestion et le déploiement4 de parachutes en or. Les directeurs des ressources humaines ont fort à faire5 pour sécuriser des carrières de plus en plus incertaines. Les salariés revendiquent de plus en plus les moyens d’assumer les requêtes de leurs employeurs.
1la lucidité – Les noms en -té ne prennent pas de -e final même s’ils sont au féminin, sauf: la montée, la pâtée, la jetée, la portée et… la dictée!
2de pointe – "De pointe" ici signifie "avancé", "spécialisé".
3se rebiffe – "Se rebiffer" signifie "se révolter".
4le déploiement – Les substantifs formés sur des verbes en -oyer, -ayer, conservent un -e intercalaire comme dans leur conjugaison: déployer, je déploie, nous déployons; payer, je paie, le paiement.
5ont fort à faire – "Avoir fort à faire" signifie "avoir beaucoup de travail, de difficultés"

