Notre magazine linguistique reprend vie sous la forme d’un abécédaire, liant les mots à l’actualité au fil du temps…
A
Ouvrons la porte à la lettre A comme il se doit, avec: l’Avenir.
Celui de nos retrouvailles pardi…
La sémantique
(c’est-à-dire l’étude du sens des mots)
L’avenir, c’est ce qui est à venir. C’est ce qui va venir ou advenir ou survenir ou arriver.
C’est équivalent au futur, le temps grammatical.
C’est un peu l’inconnu. Ainsi, à une question restant en suspense répond-on de manière évasive :
Bof! L’avenir nous le dira!
Et il y a un proverbe qui dit…
… utilisé par les parents des enfants qui traînent au lit le matin.
Maintenant attention!
Il y a tout de même des distinctions à faire selon les expressions. Précisons-les :
c’est chargé d’espoir, n’est-ce pas? Ainsi Ségolène Royale avait-elle baptisé en 2007 sa formation politique Désir d’avenir signifiant un programme attractif porteur d’un contenu positif, réaliste et durable, non voué à l’échec.
Examinons aussi une interrogation à propos de la réforme des retraites en 2010 :
Voilà bien la question : le futur viendra à coup sûr avec le temps et le vieillissement. Seulement, dans des conditions de vie précaire, ce futur n’a rien d’un avenir radieux.
La grammaire
Un avenir, l’avenir, c’est un nom masculin.
C’est tout.
Le futur est aussi un nom masculin…
désignant ce qui arrivera, ce qui viendra dans le futur (mais on ne va pas dire : “avoir un beau futur devant soi”. On dit bien:
…et aussi le futur est un temps de grammaire.
Voulez-vous un pense-bête ? (c’est-à-dire un guide empirique pour mémoriser quelque chose).
Petit rappel de conjugaison : terminé par un r, le futur utilise un r tout au long de sa conjugaison. Les terminaisons sont toujours: -rai, -ras, -ra, -rons, -rez, -ront
Exemple:
(voir les leçons correspondantes dans les cours de frenchclasses.com)
et aussi
Futur(s) / future(s) est un adjectif qualificatif…
… votre future épouse, mon futur emploi, vos futurs travaux, etc. (bien sûr “des projets futurs” serait un pléonasme, oubliez-ça!)
Un écho de culture
La présentation du magazine Sciences et Avenir

Il s’agit d’un magazine abordable, disons dès le niveau intermédiaire, et même plus rapidement pour celles et ceux d’entre vous qui s’intéressent aux sciences, archéologie, médecine, astronomie, informatique, mathématiques, etc. En effet le vocabulaire des sciences de spécialités est en partage à tous les chercheurs concernés (il est souvent d’origine grecque ou latine).
Voici un extrait de Sciences et Avenir, une réflexion éthique, concernant les “sciences morales et politiques” telles qu’elles font toujours partie des études en philosophie depuis l’antiquité, et qui sont essentielles à la fois aux sciences et à l’avenir du monde.
Le géographe Jean-Christophe Victor, créateur de l’émission Le Dessous des cartes sur Arte, est brusquement décédé le 28 décembre 2016.
Sciences et Avenir l’avait rencontré, une dernière fois, les 8 et 9 décembre derniers. Il avait alors fait visiter le chantier de l’Espace des mondes polaires, un équipement consacré aux pôles et à l’explorateur Paul-Émile Victor, son père. L’occasion de parler de son enfance, des valeurs transmises par son père et de ce projet qu’il menait depuis douze ans et devait inaugurer en février 2017. Rencontre avec un homme toujours prêt à partager et à offrir son amitié.
Jean-Christophe Victor : Paul-Émile Victor n’était jamais là. Mes frères et sœur — nous sommes quatre enfants — en ont un peu souffert. En réalité, nous avons grandi à côté d’une famille inuite. Il nous parlait toujours de ses Eskimos. Nous dînions dans des assiettes faites avec des masques eskimos qu’il avait fait cuire lui-même. L’étrange, l’étranger, le bizarre, c’était ma famille. Un cadeau formidable ! Car, pour moi, l’étranger c’est un ami que je n’ai pas encore. Il nous a directement plongés dans une dimension internationale, nous a appris à respecter les autres cultures. Quand j’y pense, à 20 ans, j’avais une telle confiance en moi ! Mon père me disait : l’échec, c’est ce que tu n’essaies pas. Il nous a insufflé son caractère positif. J’aimerais tellement donner une telle force à mes enfants. Il avait une stature éthique, morale. Cette transmission a été très importante pour moi. Comme j’ai été très gâté et que nous, ses enfants, nous disposons d’un capital de connaissances, passons-le !
L’Espace des mondes Polaires, qui s’ouvrira en février 2017, aura cette mission de passage de témoin.
Serait-ce pour vous une bonne idée de visite en France? Nous vous attendons.
Isolons une phrase pour quelques considérations linguistiques
Car / pour moi/ pas encore
Car
est en grammaire une conjonction de coordination (comme ‘for’ en anglais) et n’exprime pas une cause (comme ‘because’).
Car est en relation avec la phrase qui précède (toujours une idée qui suit une autre idée). Ici ‘Un cadeau formidable’. L’étranger est un cadeau formidable, une chance de voir plus loin, de devenir plus grand car il est un ami potentiel. Et il n’y a pas d’explication (‘parce que’). Je dis que c’est un seul événement : un cadeau contient un ami. En grammaire on appelle cela la consécution.
Pour moi
C’est la même chose en anglais, mais en français vous ne l’utilisez pas toujours, amis anglophones. Pensez à cet usage! J’entends trop souvent dire “Je pense que…”
‘Pour moi’ peut être une attribution :
Mais il y a aussi ce sens:
Avec le sens de ‘en ce qui me concerne…’, ‘à mon avis’. Pour moi, c’est important.
On peut même dire aussi ‘pour moi, je suis d’accord avec cette notion’.
Vous voyez bien la distinction entre les deux ‘pour moi’, n’est-ce pas? On dira aussi pour ce qui me concerne….
Pas encore
est un événement qui n’est pas arrivé, mais qui peut, qui va arriver. Notez que cela s’emploie en un sens positif, si on l’espère comme ici : “l’étranger c’est un ami que je n’ai pas encore”, ou négativement, sans beaucoup d’espoir. Exemple :


