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Le festival d’orgues de Barbarie

Le festival d’orgues de Barbarie

Culture

Françoise    8.07    Hide translationShow translation   Slow version Hide slow version

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Tous les ans début septembre dans le petit village d’Oingt en plein coeur du Beaujolais, les afficionados de l’orgue de Barbarie du monde entier se retrouvent pour partager leur passion…

– Oyez1 braves gens. Il est fête à savoir. Qu’on se le dise! C’est le festival d’orgues de Barbarie à Oingt. Nous sommes plusieurs copains et copines, tous par la même passion unis: l’orgue de Barbarie. Qu’on se le dise! Et vive la musique mécanique!

A la sortie de l’usine, Julot rencontre Nini

Ça va-t’y la rouquine?2 C’est ta fête aujourd’hui.

Prends ce bouquet, ces brins de muguet

C’est peu mais c’est toute ma fortune,

Viens avec moi; je connais l’endroit

Où l’on ne craint même pas le clair de lune.

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit…

(Sous les ponts de Paris, 1914, Jean Rodor)

– On tourne la manivelle. Il y a un vilebrequin, deux bielles et il y a deux soufflets un peu comme des soufflets de forge qui produisent de l’air. L’air va dans un réservoir. Le réservoir se gonfle. Sur le réservoir il y a des ressorts pour permettre de faire de la pression, pour mettre une pression à l’air, et ensuite du réservoir l’air est envoyé dans les différents tuyaux. A chaque tuyau, à chaque flûte, correspond une note -do, ré, mi, fa, sol- et quand le carton passe, eh bien on ouvre et on ferme une soupape qui envoie l’air dans les différents tuyaux.

Parle-moi des mirabelles

Et d’un violon sur le toit

Donne-moi des ailes et du chocolat

Parle-moi du bleu du ciel

Dans un restaurant chinois

Offre-moi du miel du bout de tes doigts

Parle-moi de tes silences

Avec ta bouche et tes bras

Entre dans la danse et danse avec moi

Parle-moi de ces distances

Qui ne nous séparent pas

Dis-moi que l’amour ne s’arrête pas

Parle-moi des simples choses

Emmène-moi à l’opéra

Offre-moi des roses, des camélias

Parle-moi des jolies choses

Des Cahiers du cinéma

Et dis-moi que l’amour ne s’arrête pas

(Dis moi que l’amour, Marc Lavoine, 2002)

– Je m’appelle Paul Boyaujuglou. Je suis fabricant de cartons perforés. Je pars d’une partition ou d’un enregistrement audio. Donc je fais comme une dictée musicale. Je relève les notes, donc. Après, on trace sur le carton l’emplacement des notes. Donc il faut connaître l’instrument, savoir où chaque note est, puisque chaque trou correspond à une note. Et plus le trou est long, plus la note va jouer longtemps. Plus le trou est court, plus elle va être courte. Donc, quand on a fait l’arrangement et tracé le carton, on le perfore et on peut l’écouter. Il y a des seize touches, des vingt-quatre touches, des vingt-deux touches, des trente-sept touches, des vingt-sept touches, des trente-cinq touches. Depuis une quinzaine d’années il y a un standard qui a l’air de supplanter tous les autres, c’est le vingt-sept touches parce que justement tous les fabricants ont préféré faire à peu près la même gamme. Mais au début du siècle, chaque fabricant faisait son modèle d’orgue et son modèle de carton pour pas que les autres puissent… Voilà.

– Ben là, j’ai batterie, cymbales, tambourin, maracas, deux accordéons, un saxo. D’origine, il marchait à cartons perforés comme les orgues, mais comme c’est une gamme très grande, j’avais beaucoup de cartons. Mes cartons étaient enregistrés sur disquette. Maintenant je mets la disquette.

Etes-vous journaliste,

Peintre, sculpteur, rentier

Poète ou pianiste?

Quel est votre métier?

Je cherche fortuneAutour du Chat Noir3Et au clair de la lune

A Montmartre!

Je cherche fortune

Autour du Chat Noir

Et au clair de la lune

A Montmartre le soir!

(Le chat noir, Aristide Bruant, 1884)

– Alors le plaisir, c’est de chanter et de pouvoir faire chanter les autres. Et alors là, c’est sensationnel.

– Ce que j’aime bien, c’est comme tout à l’heure, faire chanter les gens, quoi. Je mets les paroles et puis ils chantent avec moi, et puis on voit que les gens sont heureux, quoi. Ça amène le sourire aux gens, je trouve.

– Dans la famille, chez nous, on chantait beaucoup déjà quand j’étais gamin, toutes ces vieilles chansons et tout. A part ça quand j’étais gamin, j’habitais Bienne donc en Suisse et près de chez nous il y avait un camp de forains, de gens du voyage, Les Weidauers. C’était des grands patrons de métier, donc de carrousels, de stands de tirs et autres et la dame, là-bas, la patronne avait un vieil orgue de Barbarie. Elle nous tournait pour les gamins, pendant l’hiver. Disons que c’était quelque chose de très attrayant, et puis forcément il en reste quelque chose. Ce sont des souvenirs d’enfance, et puis, oui, il en reste quelque chose.

– Pour la rue, c’est en général la chanson de rue, genre ‘Mon amant de Saint-Jean’, ‘Marjolaine’, enfin des trucs comme ça, vraiment la chanson populaire d’il y a trente ou quanrante ans ou même du début du siècle, ‘Le temps des cerises’, pourquoi pas? Mais rien n’empêche de chanter Georges Brassens ou Jacques Brel ou Léo Ferré, enfin des tas de gens comme ça.

Marjolaine, toi si jolie

Marjolaine, je n’ai pas menti

Marjolaine, j’étais soldat

Mais aujourd’hui

Je reviens près de toi

Il était parti pour dix années

Mais dix années ont tout changé

Rien n’est pareil et dans les rues

A part le ciel, il n’a rien reconnu

Marjolaine, toi si jolie

Marjolaine, le printemps s’enfuit

Marjolaine, je sais trop bien

Qu’amour perdu

Plus jamais ne revient

Marjolaine, Francis Lemarque, 1957)

La, la, la… la, la, la… hauts les cœurs

Avec moi tous en chœur

La chansonnette

Et passons la monnaie.

En garçon qui connaît

La chansonnette

Il a fait sa moisson

De refrains de Paris

La chanson, l’orphéon

Le refrain de maquis

Mais on n’oublie jamais

Le flonflon qui vous met

Le cœur en fête

Il faut du temps, c’est vrai

Pour séparer

Le bon vin de l’ivraie

Pour comparer

Mais on trouve un beau jour

Sa chansonnette

L’amour!

(La Chansonnette, Jean Dréjac, 1962)

Every year at the beginning of September in the little village of Oingt in the heart of the Beaujolais region, lovers of barrel organs from the world over gather to share their passion…

– Listen here, fine people. There’s a party you should know about. Note it well! It’s the Barrel Organ Festival at Oingt. There are several of us, men and women, all united in our love of barrel organs. Note it well! And long live mechanical music!

At the factory gates, Julot meets Nini,

How are you ginger? It’s your day today.

Take this bouquet, these twigs of lily of the valley,

It’s not much but it’s my entire fortune

Come with me; I know a place

Where you don’t even have to worry about the moonlight.

Under the bridges of Paris, when night falls…

– You turn the handle. There’s a crankshaft, two connecting rods and there are two bellows a bit like fireside bellows that pump the air. The air goes into a reservoir. The reservoir fills up. On top of the reservoir there are springs that create pressure, to put pressure on the air, and then the reservoir of air is sent into the different pipes. Each tube, each pipe, corresponds to a note – do, re, mi fa, sol – and when the card goes past, it opens and closes a valve which sends the air into the different pipes.

Talk to me about cherry plums

About a violin on the roof

Give me wings and chocolate

Talk to me about the blue sky

In a Chinese restaurant

Offer me honey from the tips of your fingers

Talk to me about your silences

With your mouth and your arms

Join the dance and dance with me

Talk to me about these distances

That don’t separate us

Tell me that love never ends

Talk to me about simple things

Take me to the opera

Give me roses, camellias,

Talk to me about pretty things

About the Cahiers du cinéma

And tell me that love never ends.

– My name is Paul Boyaujuglou. I make the perforated cards. I start from sheet music or a sound recording. So I do it like a musical dictation. I pick out the notes. Afterwards you mark out on the card the position of the notes. So you need to know the instrument, know where each note is, because each hole corresponds to a note. And the longer the hole, the longer the note will play. The shorter the hole, the shorter it will be. So when you’ve done the arrangement and sketched out the card, you perforate it and you can listen to it. There are sixteen notes, twenty-four notes, twenty-two notes, thirty-seven notes, twenty-seven notes, thirty-five notes. For the last fifteen or so years, there’s a norm that seems to have become established more than the others, it’s twenty-seven notes, because all the manufacturers prefer now to work to the same model. But at the beginning of the century, each manufacturer did their own organ and their own card templates so the others couldn’t (copy them). There we are.

– Well here, I have drums, cymbals, a tambourine, maracas, two accordions, a saxophone. Originally it worked with perforated cards like the organs, but as it’s a very large model, I had an awful lot of cards, so my cards were recorded on to a diskette. Now I put in the diskette.

Are you a journalist,

A painter, a sculptor, a landlord

A poet or a pianist?

What is your profession?

I’m trying my luck

Outside the Chat Noir

Under the moonlight

Of Montmartre!

I’m trying my luck

Outside the Chat Noir

Under the moonlight

Of Montmartre!

– So the pleasure is singing and being able to make the others sing. Then it’s sensational.

– What I like, is like earlier, getting the others singing. I pin up the lyrics and then they sing with me and then you see that the people are happy. That brings a smile to people’s faces, I think. – To begin with, in my family at home we used to sing a lot when I was young, all the old songs and so on. Apart from that, when I was young, I lived in Bienne, so in Switzerland and near us there was a camp of fairground travellers, Les Weidauers. They were real masters of the profession, with merry-go-rounds, target shooting and other things and the woman there had an old barrel organ. She used to grind it for the young children during the winter. It was something very attractive, and then inevitably something sticks from that. They are childhood memories and then yes, something remains.

– In the street, generally you play street anthems like ‘Mon amant de Saint-Jean’, ‘Marjolaine’, things like that, really popular songs from thirty or forty years ago or even from the beginning of the century, why not ‘Le temps des cerises’ for example. But there’s nothing to stop you singing Georges Brassens or Jacques Brel or Léo Ferré, a whole load of people like that.

Marjolaine, you who are so pretty

Marjolaine, I didn’t lie

Marjolaine, I was a soldier

But today

I return by your side

He’d left for ten years

But ten years had changed everything

Nothing was the same and in the streets

He didn’t recognise anything apart from the sky

Marjolaine, you who are so pretty

Marjolaine, the springtime has gone

Marjolaine, I know only too well

That once love’s been lost

It never comes back

La, la, la… la, la, la… lift up your hearts

And sing all together with me

The little tune

And pass the hat around.

Like a man who knew

The little tune

He went gathering

All there was to hear in Paris

Songs, fanfares

Military tunes

But you never forget

The ra-ta-ta which makes

Your heart flutter

It takes time, it’s true

To distinguish

Good wine from the chaff

To be able to compare

But one fine day you find

Your little tune

Love!

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